Startup hardware : du proto à l’industrialisation !

Startup hardware : du proto à l’industrialisation !

Le 13 juin, Bel Air Camp organisait la première conférence dédiée à la question de l’industrialisation. Une série de 4 témoignages très complémentaires qui auront éclairé le public sur la difficulté des entrepreneurs à passer le cap de l’industrialisation. Campagne kickstarter, R&D, investissement, brevet… Beaucoup de sujets ont été abordés par les entrepreneurs présents lors de cette soirée.  Résumé de la soirée !

« Développer un process industriel coûte 3 fois plus cher que de créer un produit »

Les faits sont indéniables. Les entreprises qui se lancent dans la création d’un nouveau produit hardware ne jouent pas dans la même cour que celles qui créé un logiciel. Les enjeux business restent bien évidemment les mêmes : trouver son marché, sa cible, son pricing, recruter, débuguer, assurer un cycle de vente performant, fidéliser… Mais là où la startup software n’aura d’autre investissement que celui du développement web, la startup hardware devra passer par la case prototypage, pré-série et industrialisation. Pour Vincent Despatin, directeur de Kickmacker, spécialisé dans l’accompagnement à l’industrialisation, la clé de succès réside alors dans la réduction des cycles de production, des cycles itératifs, la dynamique des écosystèmes locaux et la proximité avec sa production.

Une réalité que Xavier Bernard, dirigeant de l’industrie familiale SAPAIC a lui-même pu expérimenter il y a plusieurs années. Conscient que sans innovation, son entreprise, sous-traitante dans la fabrication de moteurs, ne survivrait pas face aux gros opérateurs industriels, l’entrepreneur prend les choses en main. Il trouve une niche, se rapproche d’un laboratoire de recherche, réalise un prototype, séduit les banques, lance la production… « C’est clairement notre outil de production, notre maitrise industrielle qui a convaincu les banques de nous suivre. » confie M.Bernard. Aujourd’hui, sa PME industrielle réalise plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires en France et à l’étranger.

Pour IDO DATA, membre de Bel air camp depuis près d’un an et spécialisée dans la conception de solutions d’alerte, trouver un partenaire pour l’industrialisation a été un passage obligé . « Nous avons choisi de nous appuyer sur un industriel qui avait une présence et une usine en Chine pour la production de notre bracelet DIAL (dispositif individuel d’alerte et de localisation) » explique Clara Fresnel, co-fondatrice et responsable marketing.  Après avoir eux aussi vécu les sueurs froides des retards de production, la jeune entreprise peut aujourd’hui souffler. La production de leur bracelet connecté pour les secours en mer est lancée, tout comme leur commercialisation.

Autre produit, autre enjeu pour Nicolas Gambini et la startup NotiloPlus lancée en 2016. Tout démarre avec une campagne de financement participatif en 2016 qui leur permet d’engranger 200 000 dollars. « Nous avons tout de suite recruté et fait appel à des prestataires externes. En 3 mois, nos 200 000 dollars sont partis en fumée. Nous nous sommes alors relevés les manches. Après avoir finalisé un premier proto, nous avons réalisé une première levée de fond auprès de business angels ». L’équipe de Notilo Plus  réalise ses premiers tests dans la Saône. Après de nombreux mois de tests et près de 10 prototypes bien éprouvés plus tard, Nicolas Gambini et son équipe se lancent dans la phase d’industrialisation.  « Le plus difficile quand on veut produire en masse c’est d’obtenir la répétabilité. » explique Nicolas

Des solutions pour passer le cap de l’industrialisation

« Faire un produit ce n’est pas si compliqué. Faire 1000 fois le même produit, voilà la véritable difficulté. » poursuit l’entrepreneur. « Avant d’en arriver là, les entreprises hardware doivent affiner leur process et maitriser leur savoir » constate Vincent Despatin. Pour soutenir les startups dans leur phase de pré-industrialisation, Kickmaker lancera très bientôt à Bel Air Camp une ligne d’assemblage mutualisé. Elle sera dédiée à la présérie et au débug de produits high-tech. Adossée à l’expertise de Kickmaker en tant qu’agence d’industrialisation, cette ligne d’assemblage répondra à des besoins de proximité, de diminution du risque et d’agilité des entreprises.

Et ne pas oublier la maitrise de la propriété intellectuelle…

Au-delà de la fabrication, Nicolas Gambini a partagé quelques-unes des solutions mise place chez Notilo PLus pour protéger la propriété intellectuelle de leur produit. « Nous déposons une enveloppe SOLO tous les mois. Dans l’équipe, tout le monde n’a pas accès au code et en cas de vol, nous avons aussi les moyens de l’effacer à distance ». Ido-Data et Notilo Plus font parties des startups hardware qui ont su faire face aux nombreux obstacles.  Pour beaucoup d’autres, la route vers l’industrialisation est encore longue…. A Bel Air Camp, nous poursuivons nos actions pour soutenir ces entreprises qui sont “l’industrie de demain” et qui ont encore besoin du soutien de tout l’écosystème entrepreneurial pour ne pas fermer leurs portes trop tôt.

Vous portez un projet d’entreprise hardware ? Rejoignez-nous et venez visitez notre écosystème : [email protected]

Startups et croissance : les outils incontournables

Startups et croissance : les outils incontournables

Les derniers mois, plusieurs startups hébergées à Bel Air ont connu une phase de croissance importante. UniVR est passée de 3 à 10 salariés, Clic and Fit de 4 à 10, Déambulons de 1 à 4… Même l’équipe de Bel Air s’est étoffée passant d’un noyau dur de 4 à 9 employés en moins d’un an. Des évolutions positives qui nous ont tous obligé à mettre en place des process pour bien gérer cette croissance.

La gestion de projet

Pour Alisson Foucault, la fondatrice de chez UniVR, la gestion de projet devient indispensable dès lors que l’on franchit le cap des 5 collaborateurs. « Nous avons testé pas mal d’outils : Trello, le tableau blanc, les post it mais aujourd’hui nous avons vraiment trouvé notre outil idéal avec Monday. Je le recommande vivement. C’est un outil parfait pour assigner des tâches et surtout ne pas faire paniquer ses équipes avec une vision globale du projet ». Pour ses to-do quotidiennes, Alisson utilise un cahier et un stylo. « Quand tu gères une jeune entreprise, tu peux passer beaucoup de temps à planifier mais ça ne sert à rien au final. Ton plan finit toujours par être bousculé ! »

Les autres outils recommandés par nos membres : Trello, Draft, AsanaAltassiana

Les RH

Au-delà des outils, qui dit croissance, dit forcément gestion des ressources humaines. Là aussi, nos membres ont pas mal de retours d’expériences à partager. Lorsque son équipe a grossi, Jean-Baptiste Dubois, fondateur de Déambulons, a organisé un séminaire au cours de l’été. « Nous avons fait le point sur la stratégie de l’entreprise et ses valeurs. » Pour la bonne intégration de ses nouveaux collaborateurs, UniVR a rédigé un document très synthétique sur les valeurs de l’entreprise et a mis en place un système de parrainage. 

Pour ce qui est du management au quotidien, les fondateurs de Clic and Fit ont proscrit la réunion d’équipe hebdomadaire. Ils proposent, chaque jeudi, un point individuel à leurs salariés. « Nous faisons ce point en marchant dans Bel Air Camp. Cela nous permet de désamorcer d’éventuelles incompréhensions, de sentir un peu l’état d’esprit de chacun et de les remotiver si besoin.»

La comptabilité

Hormis Clic and Fit qui a développé un outil sur mesure, la majorité de nos membres passent par des outils et CRM comme SellsyAxonautTiimePipe Drive ou Dolibarr.

La communication

La communication en interne est toujours un point stratégique pour les entreprises. Là aussi, nos membres ont chacun leurs outils et leurs méthodes, bien souvent liés à leur domaine d’activité.

Pour Déambulons, les échanges quotidiens se font sur Whatsapp. « On a créé différents groupes de discussion et ça marche très bien pour le moment ! » Pour UniVR, depuis 2 ans, la suite Google faisait l’unanimité avec Google Calendar, Gmail, Hangout. Depuis quelques temps, cependant, suite à une série de bugs, Alisson souhaite évoluer vers Office 360 online et Slack pour les échanges quotidiens. Affaire à suivre. Chez Clic and Fit, la communication interne est assez simple. Ils utilisent les mails avec parcimonie. A Bel Air Camp, l’équipe communique principalement sur Slack. Les documents importants sont tous enregistrés sur Dropbox. Et pour le moment, Gmail et Google Calendar font l’unanimité.

Pour conclure, tout le monde a bien évidemment prôné Excel. « Un outil indispensable et magique lorsqu’on commence à bien le maîtriser ! », souligne Alisson.

Et vous, quels sont vos conseils et bons plans pour faciliter votre quotidien et celui de vos équipes ?

« Il y a un manque à combler sur le prototypage »

« Il y a un manque à combler sur le prototypage »

Il a 30 ans. Il a fait ses armes entre la Savoie et la Suisse et vient de quitter Annecy pour Villeurbanne. Son nom de code : JA. Son métier : ingénieur conception mécanique & son nouveau QG : le Tech Park de Bel Air Camp. Cette semaine, nous avons interviewé Jean-Alexandre Bousquet, le prototype manager de Bel Air Camp. Cet ingénieur d’origine alsacienne a longtemps travaillé au CERN (il a même participé à la conception d’un nouvel accélérateur de particule, classe non ?), avant de monter sa startup pour finalement se lancer dans l’accompagnement de startups sur la partie prototypage.

Tech Park de Bel Air Camp

Bonjour JA ! Tu as rejoint récemment le projet Bel Air Camp en tant que Prototype Manager. Forcément, tout le monde veut savoir ce qui t’a décidé à quitter Annecy pour Villeurbanne ?

« Villeurbanne quand même ! Non, plus sérieusement, j’ai toujours aimé le milieu de l’innovation et des startups en général. Pour moi, Bel Air Camp c’est ce que je faisais au quotidien mais puissance 10. Un beau challenge en somme. »

Tu es en charge du Tech Park depuis la rentrée. Peux-tu expliquer aux non-initiés la finalité de ce lieu et son fonctionnement ?

« L’objectif de cet atelier mutualisé est de permettre à nos membres, ainsi qu’aux entrepreneurs de l’extérieur, de pouvoir prototyper n’importe quel objet, de manière flexible et à moindre coût. Nous avons déjà installé une première zone avec une découpe laser, 3 imprimantes 3D de 3 technologies différentes, des outils, une machine à imprimer et découper des stickers…  Ces prochaines semaines, nous mettrons en place des commandes numériques pour le bois et le métal et des machines conventionnelles comme des fraiseuses et des tours. Au final, le Tech Park disposera de 4 zones étendues sur plus de 500 m² et d’un magasin pour avoir directement sur place ses matières premières. »

Il y aura aussi tout un volet accompagnement…

« Oui, c’est vraiment une volonté pour l’équipe Bel Air Camp de combler ce manque qu’il y a dans l’écosystème entrepreneurial local. Actuellement, beaucoup de projets sont accompagnés, et très bien accompagnés, sur la partie business mais dès qu’il s’agit de passer à la phase prototypage il existe peu de choses. »

Comment cet accompagnement se déroule-t-il ?

« Vous êtes entrepreneur et vous envisagez de développer un business autour d’un produit physique. Vous m’appelez déjà ! On programme une première réunion pour poser les bases de votre projet. Avec notre réseau d’experts, nous mettons en place la road map du développement de votre produit. Ensuite, vous avez deux options : soit vous choisissez de faire vous-même soit vous nous confiez la réalisation.”

Quels conseils donnerais-tu aux entrepreneurs qui veulent se lancer ?

« Bien souvent, les porteurs de projets veulent un objet qui fasse tout, tout de suite. C’est une erreur. Il faut d’abord valider les fonctions essentielles. La deuxième erreur est de fabriquer le produit avant de valider son business. Même si votre produit est génial, comble-t-il vraiment un manque chez le consommateur ? Voilà l’une des questions qu’il faut se poser ! »

Oui, toujours vérifier si le marché existe…

« Exactement. Je conseillerais même de lancer un MVP sur papier. L’entreprise Fitbit a commencé comme ça, avec un site web, une animation CAO. Ils ont même mis en place une vrai e-boutique pour voir si les gens étaient prêts à cliquer sur le bouton achat. Résultat : ils ont eu des milliers de demandes. Et c’est grâce à ces chiffres qu’ils ont pu lever des fonds et lancer leur production. »

Et quid de l’industrialisation ?

« C’est vraiment une étape à part. très différente de celle du prototypage. Cela ne demande pas du tout les mêmes outils, ni les mêmes compétences. Tu ne passes en phase d’industrialisation que lorsque toutes les fonctions de ton produit ont été testées, validées, retestées, revalidées par le client. Il faut faire pas mal d’essais-erreur au final ! »

Pour finalement délocaliser sa production en Chine !

« Il faut être pragmatique sur cette question de l’industrialisation. Mon avis est, qu’en France, aujourd’hui, on peut tout fabriquer. Mais à petite échelle et pour des produits sans doute haut de gamme. Après, soyons clair, en 2017, pour de la production de masse, les Chinois font partie des mieux placés pour répondre à la demande. Que ce soit en Chine ou ailleurs, nous vivons dans un monde de plus en plus globalisé. L’enjeu est d’utiliser les meilleurs outils aux meilleurs endroits. Chacun sa spécialité ! »

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