27 Street Burger “On est sur des semaines à 6 jours travaillés”

27 Street Burger “On est sur des semaines à 6 jours travaillés”

À -2°C comme à 28°C, une délicate odeur de steak hachée frais s’envole.

Cela fait 365 jours que le 27 Street Burger est entré au Panthéon des foodtrucks emblématique de Bel AIr Camp. Plus qu’un rendez-vous, le vendredi midi s’inscrit comme un événement à ne louper sous aucun prétexte. Pour la qualité de leur produit, pour leur bonne humeur, pour leur capacité à rassembler, et pour le baume au coeur (et à l’estomac) qu’ils procurent… 

Marc-Antoine travaillait en extra pour un foodtruck libanais, Jessica entrait dans sa 9ème année en tant que secrétaire médicale. Tous les deux souhaitaient plus d’indépendance et également ancrer leur couple dans un projet commun. Dans moins d’un mois, ils fêteront leur 2 ans d’existence. Retour sur l’origine de cette cuisine mobile qui s’inscrit dans une démarche locavore en faisant du choix de leurs fournisseurs le coeur de la promesse gustative qu’ils offrent. 

L’histoire commence en 2018. À Messimy. Leur Foodtruck vert et noir fait sa première apparition avec seulement 3 burgers à la carte. Peu de choix, mais une volonté de capitaliser sur un produit de qualité pour se faire un nom. “On mise sur le local et l’ultra frais”. Les aliments sont choisis chez des fournisseurs de leur village, et la qualité contrôlée par le couple d’entrepreneurs qui “n’ont pas hésité à changer lorsque la qualité n’était pas au rendez-vous”. 7 différents boulangers ont été testés avant de trouver le bon. “Et puis l’été, il faut trouver des remplaçants avec une qualité équivalente”. Lorsque je leur demande pourquoi avoir choisi un produit si basique et si concurrentiel, Marc-Antoine me dit très simplement : “parce que c’est ce que je sais cuisiner de mieux, et que, clairement, c’est un plat qui rassemble”. 

À leurs débuts, si le public du dimanche est conquis, la ferveur de la réussite se dilue rapidement avec un service du midi beaucoup moins convainquant : le public n’est pas le même. “On a affaire à des salariés qui veulent manger rapidement un produit de qualité, alors que le soir nous avons affaire à une clientèle familiale qui a plus du temps”. Il faut au couple 2 mois avant que le projet ne se lance réellement et fasse carton plein le midi. “La qualité n’est pas la seule chose à prendre en compte pour faire fonctionner ce type de business. Il est nécessaire d’être très observateur et de choisir avec intelligence ses emplacements”. 

Aujourd’hui, le couple hyper-actif assure le service pour des entreprises privés, des événements privés (anniversaire, mariage), et des services du soir pour les gros événements sportifs. “On est sur des semaines à 6 jours travaillés, 9 services du midi et 3 services du soir”. En moyenne, Marc-Antoine comptabilise 13 000 burgers vendus sur l’année 2019. “En moyenne, notre business devient intéressant lorsque l’on atteint les 40 plats par service”. L’objectif de départ était de minimiser les charges fixes en fonctionnant sur des fonds propres et pas de charges locatives. Avec 15K au départ, c’est aujourd’hui parie gagné pour le couple d’entrepreneurs, “mais un parie qui ne s’est pas avéré rentable tout de suite. Il a fallu du temps, de la patience et de la persévérance”.

Bon, avec la situation sanitaire, leur activité à pris un coup. Un gros coup même. Pour beaucoup de foodtrucks, le confinement a représenté une période ayant soit acté la fin de l’activité, soit représenté un trou financier encore dur à combler aujourd’hui. Pour le couple d’entrepreneurs, la situation a été “très intense, et réellement dure à gérer, surtout avec les impératifs familiaux en parallèles”. Pour Marc-Antoine, “il faut se battre”. Après un changement de stratégie au niveau de leurs emplacements, les aides financières de l’Etat, et un autre travail en intérim pour compenser, 27 Street Burger retrouve son emplacement à Bel Air Camp avec une trésorerie qui a survécu 3 mois d’arrêt d’activité. Jessica me confie “on ne rattrapera pas le retard, mais on a limité la casse. Tout le monde va continuer à manger, donc on est confiant sur l’avenir, nos fidèles sont toujours au rendez-vous”. Et ils ont vu juste, car vendredi dernier, ils me chuchotent avec le sourire “Sarah, on a fait 64 couverts ce midi”. Ces deux super-actifs n’arrêteront jamais de dédier leur énergie à ce projet. “Je vois à 2023 un restaurant à la new-yorkaise, tout en gardant le foodtruck pour assurer les privatisations et continuer à régaler tout le monde”. 

Je vous souffle leur secret, car vous avez lu jusqu’ici ! Leur nom ? “27” car c’est la date à laquelle le couple s’est rencontré en 2014, et “Street” car ils sont dans la rue. Et pas besoin d’explications pour “burger”. Aujourd’hui, je suis très heureuse de savoir que tous les vendredis, notre communauté peut compter sur leur joie, leurs sourires, et leur légendaire humanité pour régaler les estomacs affamés.

Jeanne  “De l’organisation de croisière de jazz à l’exportation de meubles made in France à l’étranger“

Jeanne “De l’organisation de croisière de jazz à l’exportation de meubles made in France à l’étranger“

Quel est le lien entre l’organisation de croisière de jazz, l’exportation de meubles made in France à l’étranger, et la création d’un week-end dédié à l’innovation et aux startups ? À priori pas grand chose. Il suffit de parler 10 minutes avec Jeanne pour comprendre la finesse de son regard sur le marché et son amour pour l’univers entrepreneurial. Depuis 2 semaines elle a rejoint l’équipe de Bel Air Camp en tant que responsable commerciale & marketing. Faisons la connaissance de cette bretonne savoyarde comme elle aime se décrire. 

Un parcours atypique

Si Jeanne est originaire de Bretagne, elle a vécu sa scolarité en Savoie et c’est à Lyon qu’elle a décidé depuis quelques années de poser ses valises. “J’ai fais mes études à Grenoble en fac de langue et économie, suivi d’un BTS assistante trilingue, et ensuite je suis venue à Lyon pour intégrer l’IDRAC pour un master en marketing et gestion des entreprises”. Son expérience étudiante la plus marquante ? Une année passée aux Pays-Bas en Erasmus. Son goût pour l’ailleurs se profile dès le début de sa carrière au cours de laquelle elle se charge d’organiser des croisières de jazz dans le monde entier pour la compagnie Jazz Dagen Tours. Lorsqu’elle rentre en France, Jeanne intègre HP au service marketing “avec une très belle mission dans le hardware”. Après quelques années, elle s’oriente dans le transport public avec une expérience de direction marketing, commercial et communication chez SERUS, puis intègre finalement l’entreprise de meubles PARISOT. 

“La dimension multiculturelle était passionnante, je me suis vraiment éclatée à tous les niveaux, même si ce travail demandait une capacité de négociation musclée”

“J’étais sans arrêt entre deux avions. Mon travail était grisant et tellement formateur ! J’ai développé les marchés du Maghreb et de l’Europe du Nord, de l’étude de marché pour adapter les produits aux différences culturelles jusqu’au suivi client. La dimension multiculturelle était passionnante, je me suis vraiment éclatée à tous les niveaux, même si ce travail demandait une capacité de négociation musclée”. Son meilleur coup ? Le développement d’une gamme entière de produits spécifiques pour la période des mariages au Maroc au printemps. “J’étais très autonome, et je parlais anglais. Mais au bout de quelques années, j’ai eu besoin de poser mes valises.” Elle intègre alors l’aéroport de Lyon sur une mission de responsable marketing client. 

Une connaissance accrue de l’écosystème lyonnais

Jeanne rejoint par la suite Booster Academy, centre de formation en techniques de vente, où elle a en charge le développement commercial. “J’ai dû développer mon réseau et connaître l’écosystème lyonnais pour développer le marché de l’entreprise.” Elle est d’ailleurs à l’initiative de la création de Booster Academy Lyon Alumni “parce qu’il était important de créer une communauté riche entre les anciens et actuels apprenants pour qu’ils se rencontrent, réseautent et fasse du business ensemble”.

Faire connaître les startups et leur univers

En parallèle, elle co-organise l’événement We Love Startup. L’idée de base ? “Évangéliser le monde de l’entrepreneuriat, faire découvrir et monter à bord des startups monsieur et madame tout le monde”. L’objectif est de faire sortir les salariés de grands groupes ou les curieux dans un format team building et les faire travailler en mode agile avec l’état d’esprit startup. “Nous commencions le weekend avec un kickoff le vendredi soir pour finir le dimanche soir avec un concours de pitch devant un jury composé d’entrepreneurs et de dirigeants d’entreprises. Les 2 jours étaient dédiés à la disruption de la startup, avec des cadeaux (20000€ de lots des partenaires) comme des adhésions à des clubs business ou encore des prestations d’avocat ou d’experts comptables pour les gagnants.” En parallèle, Jeanne voit sa vie passer de 2 à 3 avec l’arrivée d’un petit garçon.“Je faisais les réunions pour l’événement avec le bébé dans les bras”. Rien ne l’arrête, et aux côtés de son mari Damien Armenté (Board Member de la Cuisine du Web et de French Tech One), de Nicolas et Guylaine Antonini (EnModeUp!) et de Pierre Grégé (Next-U), ils réussissent à faire venir en tant que parrain et marraine de l’événement des figures phares de l’écosystème comme Christian Têtedoie, Catherine Barba, Bruno Bonnel, Virginie Delplanque ou Emilie Legoff, qui a récemment repris les reines de la French Tech Lyon Saint-Etienne.

“Ce nouveau poste à Bel Air Camp combine quelque part toutes mes expériences précédentes.”

Une formation en webmarketing et e-commerce au CNAM quelques temps après, elle monte un blog pour mettre en avant les entrepreneurs et initiatives privées, publiques et citoyennes permettant de faire avancer le monde de demain en matière de solutions green pour l’environnement. “ C’était important pour moi de partager des gestes et solutions simples et abordables par tous. Par exemple, comment ne plus utiliser de bouteilles en plastiques ? Trouver une solution pour purifier l’eau du robinet et pouvoir boire sans utiliser un filtre ?”. La sérial intra-preneuse rédigeait des articles de trucs et astuces simples adaptés à madame et monsieur tout le monde, tout en faisant rayonner les entrepreneurs de demain répondant à ces problématiques. Jeanne le répète volontier “quand j’ai vu l’annonce de poste à Bel Air Camp, c’était évident ! C’est comme si toutes mes expériences passées trouvaient leur sens ici !” L’idée pour elle dans ce nouveau poste est de lier sa passion de l’entrepreneuriat à son travail, son mari étant entrepreneur également, co-fondateur et CEO de l’application SuperConnectr ayant vocation à valoriser et faire vivre une communauté; faciliter, développer et valoriser les rencontres et mises en relation dans son écosystème. “Nos conversations sont très orientées business. On s’est d’ailleurs rencontrés en soirée réseau Only Lyon”. 

Sa préférence pour Ray Charles et son admiration pour la sciences-fiction l’ont déjà fait adoptée par l’équipe. Bienvenue à elle ! 

Contact

Son contact pro : [email protected]

Son profil Linkedin : https://www.linkedin.com/in/garnierjeanne/