Axone, une approche holistique des systèmes complexes

Axone, une approche holistique des systèmes complexes

Adel LEMITI, ingénieur sûreté nucléaire et ingénieur système, nous dit tout sur son poste de chef de projet chez Axone.

Bonjour Adel, peux-tu nous en dire plus sur la société dans laquelle tu travailles ?

AXONE est une PME d’ingénierie, de conseils aux entreprises et aux industriels autour des trois métiers : ingénierie système, sûreté nucléaire et sûreté de fonctionnement. L’objectif est d’accompagner les industriels dans la gestion de leurs projets complexes (complexes soit par leur taille, par leur technicité, soit par les deux).
Nous sommes environ 30 personnes basées à Aix-en-Provence, Toulon, Tours, Paris et Lyon (trois personnes ici à Bel Air Camp).

D’ailleurs, ça veut dire quoi Axone ?

L’axone est le corps, la partie longue des neurones. Cela suggère que nous participons à la transmission de l’information au sein des projets.
L’idée est d’être capable d’accompagner les industriels dans la compréhension de leurs problèmes, puis de leur proposer des solutions, parfois très théoriques, mais en conservant la possibilité de les accompagner dans la réalisation de ce qu’on leur conseille de faire. Nous avons une activité de conseil sur un peu toutes nos missions mais nous avons également une branche de conseil pur (OOV). Sur le plan technique, on voulait réellement sortir du cadre de ces sociétés qui ne font que du conseil (réglementaire et normatif) ou uniquement de la mise à disposition de personnel.
Notre objectif est de dérisquer un maximum. Cette gestion des risques (nucléaires, industriels et risques projets) est notre vocation première.

Quels sont vos différents métiers chez Axone ?

On s’étend sur trois branches bien distinctes : l’ingénierie évidemment, le conseil pur et la formation.
Cette troisième branche s’adresse vraiment à nos clients qui sont curieux d’en apprendre plus sur nos métiers, mais elle s’adresse aussi aux grands industriels qui sont de plus en plus demandeurs de découvrir ce milieu là.
On accompagne les métiers qui, eux, “font” comme les électriciens, les génie-civilistes, les mécaniciens… On communique avec tous ces corps de métier pour avoir une vision globale. Et notre mode de gestion des projets nous permet de fluidifier les échanges entre les différents intervenants afin d‘éviter les fausses notes en fin de projet. On détient cette vision holistique des projets, tout en étant spécialistes de nos missions. 

Quels sont vos clients ?

Pour la grande majorité, il s’agit de grands industriels (CEA, EDF…) in fine. Soit on travaille directement pour eux (prestation de conseil ou d’assistance), soit en sous-traitance où on va venir intégrer l’équipe projet et faire cette prestation d’ingénierie système. Pour l’instant, nos clients sont très français ; mais la méthode est applicable partout puisqu’à l’origine l’ingénierie système a notamment été développée par la NASA.
D’ailleurs, nos méthodes peuvent s’appliquer à tous les secteurs. Nous espérons d’ailleurs nous développer dans ce sens ces prochaines années.

Parle-nous un peu de toi, de ton parcours…

J’ai fait une école d’ingénieur à Grenoble (Grenoble INP – PHELMA) où j’étais plutôt orienté sciences-physique. J’ai travaillé dans deux ingénieries en sûreté nucléaire, il s’agissait surtout de grands groupes. J’ai connu Axone un peu par hasard en 2019, mais ce qui m’a tout de suite attiré c’est la taille de l’entreprise. Une structure à taille humaine où il y réellement ce côté “spécialiste” avec trois métiers distincts. Dans l’équipe, on est d’ailleurs tous spécialistes de quelque chose.
Dans mon métier, j’aime cet aspect “jouet” et ludique, je vois le problème comme un simple casse-tête à résoudre. 

Qu’est ce que tu aimes chez Axone ?

Ce que j’aime c’est l’aspect humain. On met un point d’honneur à assurer notre recrutement car on veut qu’humainement ça se passe bien dans l’ensemble de l’équipe. C’est pourquoi, même si un(e) candidat(e) n’a pas exactement les compétences techniques pour le poste, si sa motivation, son savoir-être et ses envies correspondent aux nôtres alors on lui apprendra la technique. Lorsqu’on se retrouve pour nos réunions d’équipe nationale, on sent une unité évidente entre nous, c’est quelque chose de vraiment palpable et c’est beau à voir, ça donne envie de s’investir et de rester évidemment.

Pourquoi avoir choisi Bel Air Camp ?

Nous sommes plus ou moins des anciens de Bel Air. A l’époque du premier bâtiment, nous étions prestataire de Technip, une société membre de Bel Air. 
Axone avait déjà en tête de s’implanter à Lyon, nous avions fait toutes les démarches pour louer un bureau chez Bel Air Camp car on aimait beaucoup le cadre et l’ambiance. Cependant, notre contrat avec Technip a pris fin à peu près au moment où la pandémie a démarré, ce qui nous a évidemment freiné.
Et ce n’est qu’en ce début d’année 2021 qu’on a finalement repris nos recherches de bureau, on avait une préférence pour les tiers-lieux et leur flexibilité. Nous connaissions déjà Bel Air Camp donc on s’est rapproché d’eux naturellement pour notre recherche. On aime cette mise en commun de ressources qu’on ne retrouverait nulle part ailleurs ; et avoir une équipe qui met du lien au milieu de tout ça, c’est la valeur ajoutée !

Tu n’es pas entrepreneur mais quelle est ta vision de l’entrepreneuriat ?

Effectivement, je ne suis pas du tout dans l’optique de lancer ma boîte..! Mais je suis entouré d’entrepreneurs qui ont l’envie première de monter leur entreprise, et ensuite trouver le projet qui va bien. Moi à l’inverse je savais quel type de travail je voulais faire, mais peu m’importait la façon dont j’allais le faire (grosse ou petite structure, auto-entrepreneuriat…). Là j’ai la sensation d’être à la bonne place au bon moment chez Axone.

Mot de la fin

Il faut être curieux et ne pas avoir peur des moutons à cinq pattes pour se lancer dans l’ingénierie système ! Et aimer la gymnastique intellectuelle, car on passe notre temps à jongler d’un projet à l’autre.

Notilo Plus, l’aventure entrepreneuriale sous-marine

Notilo Plus, l’aventure entrepreneuriale sous-marine

Nicolas Gambini, un des fondateurs de Notilo Plus nous raconte comment est né ce poisson technologique sous-marin.

Bonjour Nicolas, peux-tu te présenter ?

Je suis ingénieur de formation, mais ma carrière a commencé dans le conseil. Puis, je suis parti dans l’industrie automobile, pour finalement revenir dans le conseil.
Ça faisait longtemps que je voulais me mettre à mon compte, pour avoir une certaine indépendance professionnelle. Mais par rapport aux jeunes de maintenant, je ne me voyais pas du tout me lancer tout de suite après mes études, j’avais d’abord besoin de faire mes armes.

J’ai toujours été passionné par la mer, le milieu marin et les nouvelles technologies, mais comme je l’ai dit je ne venais pas du tout de ce secteur. C’est donc à la suite de différentes péripéties que j’ai été amené à rencontrer les précurseurs de ce projet dans un studio de startups grenoblois. Je me suis alors joint à eux afin de l’aboutir pleinement. L’idée était toute simple : avoir un caméraman sous l’eau et donc, pour cela, il fallait créer un drone mais qui puisse aller sous l’eau.

Raconte-nous la naissance de Notilo Plus…

En 2016, Notilo est né.

Pour ce qui est du nom, il nous a été inspiré de « Notilus », tout est finalement lié à 20 000 lieux sous les mers. En un sens, on rend un peu hommage à la tradition française de Jacques-Yves Cousteau.
C’est drôle à dire, mais l’aventure Notilo a réellement démarré dans mon appartement, à Lyon. Dans l’entrée, c’était l’espace soudure, mon salon se transformait en salle de réunion, la cuisine était dédiée aux mécanos qui travaillaient sur les prototypes et la salle de bain nous servait à tester les drones dans la baignoire. Une véritable startup !
Nous étions les premiers sur le marché, pas en tant que drone sous-marin, puisqu’il en existait déjà qu’on pouvait contrôler grâce à notre smartphone, mais nous avions créé le premier drone sous-marin autonome puisque c’est lui qui suit le plongeur.
On savait évidemment que toutes les connexions (wifi, Bluetooth, GPS…) disponibles pour les drones aériens ne fonctionneraient pas sous l’eau. On a donc réfléchi à faire les choses différemment. On a également fait appel à un bureau d’étude toulonnais spécialisé en acoustique sous-marine, qui nous a fortement aidé sur le matériel à utiliser. Rapidement, on a eu des personnalités intéressées par le projet, comme un ex-champion du monde d’apnée qui a voulu devenir l’un de nos ambassadeurs. En 2017, nous sortions le premier prototype fonctionnel. Il démontrait bien notre capacité à faire ce dont on était vraiment capable.

Quels sont vos produits exactement ?

Nous avons actuellement deux drones, iBubble et Seasam, et une plateforme du nom de Notilo Cloud.
iBubble  a été notre tout premier produit, c’est celui qui a réellement permis de lancer la boîte. C’est un produit de loisir, essentiellement dédié aux plongeurs ; que ce soit le passionné de plongée qui veut le meilleur de la technologie, ou le club de plongée qui cherche à former ses adhérents.

Seasam, lui, est à destination des professionnels. C’est un peu finalement eux qui nous ont donné le déclic de lancer une gamme pour les professionnels. Après la sortie de iBubble, ils ont commencé à nous contacter pour savoir si on pouvait trouver des données spécifiques telles que : une fissure dans un bloc de béton ou encore des dépôts sur une coque de bateau. Avec Seasam, on vend des données autant à des TPE qu’à des grands comptes, mais aussi à des Métropoles par exemple. C’est là toute la différence avec notre produit de loisir.

Notilo Cloud est donc notre plateforme pour gérer et post-traiter toutes les données récoltées par le drone.

Votre travail se passe essentiellement dans des environnements naturels, quel lien avez-vous avec l’écologie et la planète ?

On ne fait que ça, travailler avec notre planète et pour notre planète. On mène de nombreuses actions en lien avec des sujets impactants. Des missions de nettoyage de fleuves ou de lacs, ou encore à la protection des océans. Et d’un point de vue technologique, on essaye aussi d’envoyer ce genre de message. C’est un moyen, parmi tant d’autres, de donner du sens à ce que l’on fait.
C’est pourquoi, autant les employés, que nos clients ou même nos ambassadeurs, sont aussi sensibles à ces actions. L’aventure Notilo va au-delà de la simple fabrication d’un drone, elle s’étend sur des valeurs que nous partageons tous ; on pourrait presque parler de communauté car on réussit vraiment à fédérer les gens autour de ces valeurs.

Qu’en est-il de votre implantation à Lyon ?

L’aventure a commencé à Lyon, mais nous avons également un bureau à Marseille. Les 2/3 de l’équipe sont à Lyon, il s’agit essentiellement des techniciens et le 1/3 restant est à Marseille et il comprend les services Sales/Marketing. Notre développement se veut évidemment international, mais le plus gros de notre marché reste en France (45%)

C’est quoi être entrepreneur pour toi ? 

L’entrepreneuriat c’est un chemin de vie. On est transporté par ça et par les rencontres qui en découlent. Mais ça réclame énormément d’énergie donc il faut se sentir prêt car on vit et on s’investit dans le projet à 3000 %. L’aventure Notilo m’a évidemment permis de grandir en tous points.

Appsent disait « Les choses sérieuses sont ennuyeuses. Transformons-les en jeu ! »

Appsent disait « Les choses sérieuses sont ennuyeuses. Transformons-les en jeu ! »

Maxence et Oxana sont les deux jeunes fondateurs d’Appsent, une agence de développement web et mobile. Leur spécialité ? La conception et le développement de logiciels dédiés à l’organisation et le divertissement.

À 24 et 25 ans vous êtes déjà fondateurs d’une entreprise, vous pouvez nous en dire plus sur votre parcours ?

Je suis Maxence et voici Oxana. Nous nous sommes rencontrés à Lille lorsque nous faisions nos études respectives, Oxana arrivait tout juste de Kiev, en Urkaine et moi j’avais grandi à Lens.

Pour ma part, j’ai toujours eu l’esprit entrepreneurial. A l’époque du lycée, en 2013, et avant même d’avoir 18 ans, j’ai monté une société en m’associant avec un ami de l’époque. Nous faisions de la vente de serveurs de jeux vidéos pour pouvoir jouer entre amis. Ca fonctionnait très bien, mais nous avons préféré arrêter, il fallait quand même passer son BAC et poursuivre ses études !

J’ai déjà travaillé en entreprise mais uniquement en tant que stagiaire, c’était intéressant mais je savais que j’étais destiné à monter ma société. Oxana m’a suivi dans cette aventure ! C’est une chance de l’avoir à mes côtés, elle est beaucoup plus créative que moi qui ai un profil très développeur.

Raconte-nous la naissance d’Appsent…

L’entreprise est née fin 2018 – début 2019. Au début, les premiers logiciels développés permettaient aux entreprises de programmer leurs post sur les réseaux sociaux. Mais très vite on a développé Sweepy.

Sweepy, c’est notre application phare. Elle permet aux familles de gérer leurs tâches ménagères entre les différents membres de la famille. L’idée était partie du constat qu’on nettoyait notre appartement le week-end parce qu’on travaillait toute la semaine. Alors, on s’est dit pourquoi ne pas en faire un petit peu chaque jour afin d’éviter d’avoir un gros ménage à faire d’un seul coup. On a donc mis en place un logiciel permettant de lister les différentes tâches à effectuer et, chaque jour, on aurait une petite tâche de 30 minutes environ à réaliser. Le but étant de faire participer toute la famille, parents, enfants ou simple couple.

Par ailleurs, on a eu des retours auxquels on ne s’attendait pas. Notre application pouvait régler des problèmes d’organisation pour des personnes ayant des troubles mentaux, comme des autistes par exemple. L’application étant ludique et intuitive, elle est facile à comprendre et les tâches à effectuer sont plus facilement réalisables. Ce qui est bien plus motivant pour ces personnes-là. On est agréablement surpris de l’impact qu’elle a eu et on est surtout très heureux de pouvoir les aider.

Des projets pour la suite ?

Oui ! On est en pleine préparation d’une nouvelle application qui permettra de gérer ses finances personnelles au quotidien. Restez à l’affût !

Pourquoi être venu à Lyon et, surtout, chez Bel Air Camp ?

Lille, il pleut trop souvent… On voulait donc déménager dans une assez grosse ville, où il fait assez bon vivre, et facile d’accès pour pouvoir retourner voir nos familles. Notre choix s’est donc porté sur Lyon.

Bel Air Camp est idéalement situé puisqu’il est très proche de chez nous. On cherchait également à rentrer dans un écosystème. Ce tiers-lieu nous permet d’avoir notre confort avec notre bureau privatif, mais de pouvoir rencontrer de nombreuses entreprises de secteurs d’activité très différents.

Qu’est ce que l’entrepreneuriat pour vous ?

Pour nous, ce qui est enrichissant c’est l’indépendance, la liberté que permet ce statut de pouvoir travailler sur ce qu’on veut et ce qu’on aime. Pouvoir choisir nos activités : coder, faire du marketing, de la rédaction… La liberté d’être polyvalente aujourd’hui ou d’effectuer une tâche spécifique demain.

Pour se lancer, il faut surtout être curieux et assez couteau-suisse. Mais je pense qu’il faut se garder une petite roue de secours dans les débuts de son projets, histoire de pouvoir tenir le cap.

Quand la passion devient un travail passionnant… Raconté par Piwio

Quand la passion devient un travail passionnant… Raconté par Piwio

L’histoire de quatre jeunes entrepreneurs qui se sont rencontrés, puis retrouvés, et enfin lancés dans l’aventure d’un projet commun. Cette histoire, n’est autre que celle de PIWIO.

Pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes Bertrand, Loïc, Arthur & Arthur, les quatre fondateurs de Piwio, le bureau d’étude IoT spécialisé dans la conception d’objets connectés, de systèmes électroniques embarqués et le développement d’applications web et mobile
Bertrand est avant tout chercheur à l’INSA (Institut National des Sciences Appliquées) à Lyon mais apporte toutes ses compétences techniques et scientifiques à Piwio. Loïc est sur les parties usages et informatique. Arthur G. est essentiellement spécialisé en informatique et Arthur C. s’occupe de l’électronique et de l’industrialisation. Par ailleurs, Loïc et Arthur C. se chargent également de la relation client.

Pour la petite histoire, Loïc, Arthur et Arthur faisaient chacun, leur thèse au sein du Laboratoire de Capteurs Biomédicaux.de l’INSA où Bertrand faisait partie de l’équipe d’encadrement. Nous avons donc pu travailler ensemble bien avant la création de Piwio et identifier toute la complémentarité entre nos profils.

Et pour le reste de l’équipe, nous avons également Jean-Martin, qui a été notre premier recrutement, et qui est spécialisé dans l’électronique, la tech et l’informatique. Puis, nous avons Hugo et Matthieu en stage et alternance pour quelques temps.

Comment a démarré l’aventure Piwio ?

Après sa thèse, et un passage par une startup, Loïc a voulu créer sa boîte. Il a repris contact avec les deux Arthur et Bertrand pour leur proposer de se lancer à quatre pour vivre l’aventure tous ensemble ! Piwio existe donc depuis 2018 et nous avons intégré Bel Air Camp quasiment au même moment.

Quelle est votre activité ?

Piwio est un bureau d’études sur les objets connectés. Nos profils très complémentaires nous permettent de fournir une expertise très poussée sur des domaines qu’on ne peut maitriser seul. Nous aidons nos clients dans la conception de cartes électroniques, d’applications mobiles ou encore d’intelligences artificielles. Les projets de nos clients sont souvent complexes et nous offrons une équipe resserrée et agile qui maximisent les chances de réussite des projets.

Et plus précisément, de quoi est composé votre travail au quotidien ?

Effectivement, quand on dit « bureau d’étude sur les objets connectés » ça comprend en fait deux parties :

La partie conception et développement IoT : là, nous rendons concret un projet client via des prototypes et l’industrialisation qui s’ensuit. Les objets connectés sont présents partout, ce qui fait qu’on peut travailler sur des montres de sport, comme des jeux pour enfant, ou encore de la mesure de maturation de béton pour la construction. Ce sont tous les objets avec de l’électronique et du logiciel intégré, et potentiellement des éléments à côté tels qu’une application Android, un site web… Un objet IoT, c’est rare qu’il fonctionne tout seul, il y a donc tout un écosystème autour que nous aidons à concevoir.
Et la partie étude : c’est de l’accompagnement en amont. Parfois au début de leur projet, les clients ont juste l’idée sur laquelle repose leur business et ils veulent savoir si elle est réalisable ou non, et avoir un ordre de grandeur pour son coût futur. Donc on fait un premier accompagnement sur la faisabilité de leur projet.

Selon les projets, soit on fait la totalité du processus d’accompagnement incluant les développement et l’industrialisation, soit on intervient ponctuellement sur des étapes spécifiques.

Qui sont vos clients ?

Ils sont très variés ! Il s’agit plutôt de PME et start-up, mais aussi de laboratoires qui ont des besoins très spécifiques en instrumentation (faire des mesures de qualité, avec des capteurs miniaturisés, pour leurs expériences scientifiques). Nous accompagnons également des grands comptes de manière ponctuelle.

Quelle est la durée de vos projets ?

Ça dépend du degré de finition. Ça va de deux à douze mois en général, mais la moyenne est de quatre mois pour la majorité des demandes.

Pourquoi avoir choisi Bel Air Camp ?

Le cadre de travail est vraiment agréable et c’est ce qui nous a attiré tout de suite ! On essaye de faire attention à la Qualité de Vie au Travail, c’est important autant pour nous que pour notre équipe. Bel Air y contribue évidemment. Nous sommes aussi très attentifs aux évènements organisés, de nombreux sujets peuvent nous intéresser et, d’ailleurs, à l’époque c’est grâce à certains évènements qu’on a pu avoir de bons conseils et recommandations quant à la création et au développement d’une boîte.

La communauté chez Bel Air Camp est aussi un vecteur très important de cette dynamique, pouvoir échanger avec les membres et bénéficier de leurs expériences c’est très enrichissant !

Photos : cestdanslaboite.photo

“Il faut avoir le goût de l’incertitude” – By Loupiote

“Il faut avoir le goût de l’incertitude” – By Loupiote

Des mots de Maxime Dubois pour une interview des plus authentiques. Nous partons à sa rencontre et à celle de sa société : Loupiote.

Qui es-tu Maxime et quel est ton parcours ?

Je suis Maxime, le fondateur de Loupiote. Si je prends trois adjectifs qui me caractérisent le mieux, je dirais : authentique, impatient et impulsif. Mon parcours a démarré par un DUT à Lyon, puis une école d’ingénieur en alternance à l’ECAM Lyon. J’avais toujours eu envie de faire de l’entrepreneuriat, mais je n’avais pas de date ni de projet arrêté. Puis l’idée de “Loupiote” a mûri entre 2019 et 2020. Entre-temps, j’ai notamment intégré le réseau du Village des Créateurs à Lyon et, très récemment, le vôtre, à Bel Air Camp.

Quelle est ta vision d’un entrepreneur ?

Un entrepreneur, c’est quelqu’un qui se met dans une situation inconfortable en permanence. Il faut avoir le goût de l’incertitude pour pouvoir faire ce métier.

Quels sont tes échecs et ta plus grande réussite rencontrés durant ton parcours ?

Je vais faire une seule et même réponse. Ma plus grande réussite, ce sont mes échecs car ce sont grâce à eux que j’ai pu comprendre ce que je voulais faire. Et mes échecs, je n’en ai pas eu durant mes études, mais professionnellement oui, comme la plupart des gens j’ai eu des déceptions et des coups durs, mais je me suis construit sur ces choses que j’avais mal faites ou qui me sont arrivées, et j’ai rebondi. J’apprends de mes échecs.

Passons à Loupiote, de qui est composée l’équipe ?

Maxime DUBOIS (donc moi-même, le fondateur), Aline mon associée qui est également à l’initiation de ce projet mais qui intervient surtout sur la partie design et graphique, et enfin Salomé, ma première salariée en alternance.

Existe-t-il une journée type dans ton travail ?

Absolument pas ! Ça peut être une journée d’administratif chez moi, qu’une journée à l’atelier pour faire de la production et de l’emballage des colis, ou encore des rendez-vous téléphoniques et du traitement des mails.

Comment Loupiote est né et d’où vient ce nom ?

En mars 2020, j’ai commandé ma première machine, avant cela j’utilisais des machines dans les Fab Lab.
Pour la petite histoire, ce nom ne m’est pas venu tout seul. A l’époque du prototype, mon ancien patron, un véritable bon vivant qui a par la suite monté sa structure de création de noms d’entreprises justement, m’avait écouté attentivement quand je lui racontais mon projet. Il me dit alors “il faut que tu l’appelles Loupiote”. J’y réfléchissais mais en parallèle je persistais à chercher par moi-même un nom, mais je n’en trouvais pas. Mon ex-patron avait planté cette graine dans mon cerveau. Alors Loupiote est resté et me paraissait évident.

Les premières lampes étaient designées pour les enfants, “Loupiote” avait cette connotation enfantine qui matchait bien avec le produit. Actuellement, je suis toujours content de ce nom. En revanche, c’est un peu plus difficile à assumer sur deux segments : les gammes très ciblées design et le segment international, car c’est du jargon français. On est en pleine réflexion pour améliorer cela.

Pourquoi avoir choisi le bois ? Qu’est ce qui te plaît dans ce matériau ? (une passion de toujours, la matière…)

Bonne question ! J’ai réfléchi à d’autres matériaux mais, avec mon associée, on les a toujours déclinés. Mais toi tu poses la question “pourquoi”, alors que pour ma part j’ai procédé par élimination et par ce qui me semblait évident.

Alors, qu’est ce qui était évident dans le choix du bois ?

Une image bas carbone, des emballages hyper sobres, une communication sobre, épurée et minimaliste, avec le moins d’éléments possibles, des cartons sans encre ni colle, des prestataires logistiques engagés et locaux. On veut prôner des valeurs écologiques et le bois fait cohérence avec tout ça. 

Sur la partie technique, utiliser d’autres matériaux aurait été plus simple et plus productif que le bois qui se travaille et dont les épaisseurs peuvent varier selon l’humidité par exemple.

D’où provient ta matière première ?

Le bois provient d’une PME familiale, la CICA à Romans-sur-Isère. Je les ai évidemment rencontré, ceux qui gèrent la société et ceux qui coupent le bois. Celui-ci, en revanche, provient d’une exploitation franco-italienne que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir, mais c’est dans mes projets. Je veux vraiment rencontrer chaque maillon de la chaîne, à mon sens c’est important de connaître l’entièreté de ceux qui composent la chaîne. 

Le bois n’est donc pas une passion, mais c’est plus le côté local et naturel qui m’a plu.

Quels sont tes produits exactement ?

J’ai deux types de produits : des lampes design pour enfants et des suspensions design.

Designer une lampe pour enfant, a induit ton choix du nom “Loupiote” ou est-ce l’inverse ?

Bonne question ! Dur d’y répondre ahah

On savait que nos design étaient typés enfant, mais on ne les a pas vraiment dessinés pour cela. C’est réellement quand on l’a mis sur le marché qu’on s’est rendu compte que le produit était destiné à être un cadeau pour enfant. On le savait déjà, mais on voulait que ce soit enfant et design, sauf que c’est le côté enfant qui a pris le pas dessus.

En revanche, ce qu’on a remarqué, c’est que la cible est la même que ce soit pour les lampes design enfants que pour les suspensions design. On se fait connaître soit par l’un, soit par l’autre et dans la plupart des cas, cela entraîne de nouveaux achats sur l’autre segment.

Mais dans le fond, les cibles on s’en fiche. Notre raison d’être est de faire valoir des luminaires qui soient français, avec ces valeurs auxquelles nous tenons : le local, le faible impact avec des luminaires durables et design (comme on l’entend nous bien-sûr) et avec un vrai côté artistique.

Tu as toujours été sensible à l’art ?

Pas toujours, je viens d’une formation d’ingénieur et, je dois avouer, que je suis celui qui dispose du côté cartésien. C’est Aline, mon associée, architecte de par son métier qui a cette fibre artistique. Cela m’impressionne de voir cette capacité d’adaptation pour les architectes de faire de l’art sur différentes échelles : une maison, une salle de bain ou encore un petit objet comme le mien.

Tu nous parlais de vos cibles, comment et à qui vendez-vous ce produit ?

La cible en elle-même on s’en fiche, nous ce qu’on souhaite c’est vendre à des personnes qui adhèrent à nos valeurs. Que ce soient des professionnels ou des particuliers, on va là où le produit plaît et on est sur deux fronts : le retail, même si actuellement c’est plus compliqué on a quand même intégré une cinquantaine de magasins en moins d’un an. Cependant, l’essentiel de la vente se fait en ligne et c’est un bon point pour nous puisqu’on veut se développer davantage à l’international.

Quels sont, d’ailleurs, tes projets à venir ?

Recruter, changer d’atelier, développer de nouvelles gammes, je voudrai aussi passer du statut de petit acteur sur le marché à un plus gros, car je souhaiterai que Loupiote devienne une référence pour les gens. Par ailleurs, je veux garder l’image “d’atelier” car je veux toujours garder un oeil sur la production.

Des anecdotes à nous raconter ?

Sur les gravures notamment, c’est là où on se rend compte que la personne veut se faire plaisir. En passant sa commande de gravure personnalisée, on a l’impression qu’elle n’imagine pas qu’il y a un humain derrière qui va la voir et la graver. J’ai déjà eu des messages assez fantaisistes ou très intimes, c’est rigolo.

A l’inverse, quelles galères as-tu rencontré ?

Comme je le disais, mes échecs ou galères n’en sont pas vraiment puisque je me forme dessus. Mais une chose improbable nous est arrivée, un soir de Noël, nous étions deux à l’atelier, on préparait les commandes assez tardivement car il y en avait beaucoup. Et, sortis de nulle part, on voit des policiers nous surprendre. En fait, la sécurité avait été prévenue qu’il y avait du mouvement dans le bâtiment, ils ont cru que c’était des intrus en train de faire une tentative de cambriolage, mais non c’était seulement nous !

Un dernier mot ?

Quelque chose qui m’anime : faire développer la boîte. Au-delà de l’atelier Loupiote, ce sont mes valeurs que je mets dans la société, donc la développer c’est me développer moi-même. Et c’est ça qui m’anime, voir le projet grandir, constituer une équipe, c’est constructif personnellement.
Un mot pour les autres : Je ne sais pas… En ce moment, je me dis que souvent t’essayes de chercher de l’aide auprès des autres. Et c’est bien, mais tu vois dans les structures comme les incubateurs, car je suis passé par un incubateur et je suis très critique là-dessus, la plupart des gens viennent chercher du réconfort plutôt que de se lancer. Et ce que j’ai appris pendant un an, c’est que j’allais trouver la solution à mes problèmes par moi-même mais avec l’aide des gens, ce n’est pas l’incubateur qui allait trouver ma solution.
Tu es ta propre barrière, tu te poses tes propres limites autant dans l’entrepreneuriat que dans ta vie personnelle.