“Il faut sans cesse entraîner son regard à la culture visuelle”

“Il faut sans cesse entraîner son regard à la culture visuelle”

Sophie nous embarque dans son univers, ses créations et ses inspirations. La photographie est son domaine de prédilection…. Sophie Duarte Photographe . Retrouvez également son Portfolio juste ici.

Salut Sophie ! Tu es photographe professionnelle. Est-ce une passion, juste un métier, un métier devenu passion…?

Bonjour Camille ! C’est une passion qui est née en moi assez tôt et qui en est devenue mon métier. 

C’est au moment de rédiger ma thèse pour mon master en communication que je me suis intéressée à la photo. Avant ça, je ne faisais pas de photographies de manière professionnelle. En revanche, je peignais. Je peins toujours d’ailleurs, je fais de la peinture à l’huile. Tout ce qui était du domaine de l’art et de l’image me plaisait mais sans passer spécialement par la photo. J’avais plein d’images en tête que je voulais peindre, mais le temps me manquait. J’ai alors pensé que je pouvais les réaliser avec la photographie, voire même le photomontage.

Aujourd’hui, tu ne fais plus seulement de la photographie, tu as trois casquettes, c’est bien ça ?

Exactement ! Je fais de la direction artistique, de la photographie et j’interviens dans une école où je donne des cours de social media, d’infographie et de création de contenu, et de conception/rédaction. La conception/rédaction est en lien avec ma troisième facette : Girls Take Lyon.

Girls Take Lyon, c’est le webzine que tu tiens depuis 6-7 ans ?

J’ai passé six ans au Portugal. A mon retour, j’ai créé Girls Take Lyon. Après être partie si longtemps d’une ville, on la redécouvre, ses lieux et ses bonnes adresses. Bars, restaurants, expositions, évènements, associations écologiques… J’avais envie de découvrir, partager et que les gens puissent le faire à leur tour. C’est devenu un webzine, une transposition en web d’un magazine. Assez naturellement, d’autres filles toutes aussi passionnées que moi voulaient participer en partageant leurs propres bonnes adresses. Je ne l’ai finalement jamais écrit seule et je suis ravie que l’on soit une équipe.

Qu’as-tu fait pendant six ans au Portugal ?

Pour finir mes études à Lyon, j’ai travaillé dans la communication pendant presque deux ans à la Banque Rhône-Alpes. Je m’occupais de l’évènementiel et de la communication interne, donc il n’y avait pas tellement d’aspect artistique. Puis un jour, j’ai “vrillé”, je suis partie de Lyon pour faire une formation professionnelle de photographie à Porto. Je me suis officiellement lancée en tant que freelance en 2010 : deux ans de formation pour ensuite travailler pendant presque quatre ans dans le milieu de la mode à Porto et, de retour à Lyon, je me suis dirigée vers les entreprises et notamment la photographie culinaire, le food m’attire !

Qu’est ce qui te plaît dans la photo ?

J’en reviens encore à la peinture, mais quand tu apprends à peindre, tu comprends très vite que pour pouvoir créer une image tu dois jouer avec les ombres et les lumières. La photographie, c’est pareil. Il faut jouer avec tout ça pour créer des volumes : mettre en avant un élément, les règles de cadrage et composition, les centres et les lignes, faire des jeux de lumière et savoir manier la lumière naturelle et artificielle, créer de l’harmonie.

Pour moi, l’appareil est un outil qu’il faut maîtriser pour obtenir ce que tu veux créer, un peu comme un pinceau. Ce côté technique permet de passer au stade de professionnel. Beaucoup de photographes fonctionnent à l’inverse, ils sont heureux d’avoir le “dernier appareil photo toutes options, avec un objectif de malade”. Moi ce n’est pas ça du tout, je ne pense plus du tout aux réglages techniques qui sont pour moi devenus instinctifs, mais plutôt à la création de l’image et au résultat que je souhaite. A partir du moment où tu maîtrises l’appareil, tu peux t’amuser et faire ta propre illustration de ton sujet.

Où trouves-tu ton inspiration ?

L’esthétique me plaît beaucoup, le “beau ». J’essaye toujours que ça plaise au regard, que ce soit agréable visuellement. Il faut donc sans cesse entraîner son regard à la culture visuelle, en allant voir des expositions, en scrutant ce qu’ont fait les “grands maîtres”. Une fois le regard entraîné et cultivé, on crée plus facilement. J’aligne mon œil, la technique et l’esthétique pour obtenir l’image recherchée.

Combien de photos prends-tu avant d’avoir la bonne ?

J’ai eu des professeurs qui m’ont appris à ne pas en prendre beaucoup. Si ta position, ton cadrage sont bien réfléchis en amont, alors tu n’auras pas besoin de faire quinze photos pour avoir la bonne. On a appris à prendre des photos avec des reflex analogique, avec des pellicules, on est donc limité. Mais il faut savoir que même les reflex numériques perdent de leur précision avec le temps et le nombre de prises de vues.

Tu retouches beaucoup ?

Oui, si c’est nécessaire pour arriver au résultat souhaité. Généralement, je ne retouche pas la photo en elle-même, je l’édite, c’est ce qu’on appelle la post-production. Les retouches se font sur les ombres, les contrastes, les couleurs, effacer des poussières… En revanche, quand je travaillais dans le milieu de la mode, je faisais énormément de retouches dans le sens “modifications”. Tout ce que tu vois dans les magazines n’existe pas !

Que dirais-tu à quelqu’un qui tenterait de se lancer dans l’entrepreneuriat ?

De persévérer ! De s’accrocher, sauf si la personne lance sa société juste “pour lancer une société”. Si la passion et la motivation ne sont pas là, ça sera dur de s’accrocher. Il faut avoir envie de créer quelque chose, que ce soit une évidence. 

L’entrepreneuriat peut être difficile, lorsque je traversais des moments compliqués, j’ai évidemment pensé à prendre un travail en tant que salariée, mais non. Ce que j’aime, c’est d’avoir la liberté de pouvoir me fixer mes propres objectifs, de choisir mes clients, de prendre la direction que je veux sans devoir passer par un intermédiaire extérieur.

La raison pour laquelle tu es chez Bel Air Camp ?

Marilyn Ferreira de MFArchitecte, avec qui je partage le bureau actuellement ! 

J’avais d’abord envie de sortir du contexte “maison”, je ne suis pas faite pour travailler chez moi. J’avais testé un premier coworking mais c’est vraiment là, chez vous, que je me suis sentie bien pour travailler et échanger.

Merci Sophie !

“Le vélo donne cette possibilité d’introspection”

“Le vélo donne cette possibilité d’introspection”

Objet de locomotion, objet d’art, objet sportif. Le vélo est devenu un incontournable de notre quotidien ! Valentin Ducommun & Bastien Bailly m’ont présenté Velograma, leur société qui tend à valoriser le patrimoine cycliste français, italien et européen. 

Bonjour Bastien et Valentin ! D’abord, merci de m’accueillir dans votre atelier. Je vous laisse vous présenter ?

Bienvenue chez nous Camille !

Je suis Bastien, passionné de vélo depuis… toujours ! Enfant, j’habitais dans un petit village et, le seul moyen d’aller voir mes copains était de prendre mon vélo. Depuis, j’emprunte rarement les chemins les plus courts, l’envie de voir jusqu’où mon vélo peut m’emmener.

J’ai d’abord fait des études en mathématiques et statistiques, un milieu dans lequel j’ai travaillé pendant quelque temps, pour finalement revenir à mes premiers amours : le vélo. J’ai alors passé un CQP (Contrat Qualifiant Professionnel) pour apprendre les bases de la mécanique vélo. Après plusieurs stages chez Décathlon, j’ai voyagé en Amérique du Nord. A mon retour, j’ai travaillé chez Uber Eats qui venait tout juste de se lancer à Lyon. J’ai commencé en tant que coursier, avec Valentin d’ailleurs, puis j’ai rapidement évolué au poste de Chargé de développement de la région Rhône-Alpes.J’ai démissionné en 2020 pour me lancer, mais avec Valentin et David (le troisième associé) on s’est vite rendu compte que c’était plus pertinent de se lancer à trois vu notre complémentarité. 

Moi c’est Valentin, j’ai la fibre design, communication, musique et vélo. J’ai rencontré Bastien il y a treize ans, à Lyon. On faisait beaucoup de courses sauvages, du vélo alternatif dans un contexte urbain. David est un ami d’enfance, il est moins passionné de vélo que nous, mais il est couteau-suisse et curieux de tout.

Qu’est ce qu’on fait chez Vélograma ?

Nous réparons, restaurons, rénovons et vendons des vélos et des pièces détachées d’occasion partout dans le monde, le tout dans un but de valorisation du patrimoine cycliste français, italien, européen.

Le désir de vouloir travailler de manière européenne, c’est déjà parce que c’est notre emplacement géographique actuel, en France. Mais c’est aussi le berceau historique de l’industrie cycliste française et européenne avec, par exemple, le bassin stéphanois, la vallée du Rhône, Sochaux, jusqu’au Nord de l’Italie. De nombreuses matières premières nous proviennent d’un peu partout en Europe.

Parlez-moi de l’identité de Velograma

On a créé la société en avril 2021, le nom nous est venu assez facilement. “Velograma”, grama, la grammaire du vélo, c’est l’amour du vélo. Et puis grama c’est proche de “gamma” qui veut dire “trois” en grec. Vu qu’on s’est lancé à trois, c’était logique. En plus, vu notre portée européenne, on voulait un nom qui puisse se comprendre même à l’étranger.

Que comporte votre offre ?

Cataloguer et inventorier pour créer une Base de Données de pièces détachées qui retrace les décennies, des années 70 à aujourd’hui. On prend en photo, on pèse, on essaye de comprendre les évolutions techniques au fil des ans pour avoir cette frise chronologique de l’industrie du vélo.

Dès qu’on a une pièce qu’on a jamais vu entre nos mains, on la démonte, on la nettoie, on essaye de comprendre comment elle fonctionne et ensuite on va la répertorier dans notre BDD. A l’époque, on s’embarrasse moins de tout documenter. S’il y a une petite différence entre deux séries de moules, ce n’est pas grave. Nous, au contraire, on veut retracer et comprendre cette différence. On va créer des modèles de compatibilité en fonction des pièces que l’on trouve.

Notre boutique EBAY pour la vente de pièces détachées valorisées représente 75% de notre activité. Notre compte Instagram a également de plus en plus d’impact, on le nourrit de notre activité et de notre quotidien à l’atelier. Il faut savoir que l’univers du vélo est très photogénique, ce réseau social est donc tout à fait adapté. Notre souhait est de devenir une entreprise à mission sociale et sociétale, nous voulons créer des emplois en propre, ou au moins réorienter des gens dans le vélo. On souhaite aussi développer un atelier mobile pour être au plus prêt des usagers.

Quelle est votre plus belle pièce ?

Bastien travaille actuellement sur de superbes restaurations de vélos, comme le Wolhauser que tu vois. C’est le 3ème qu’on restaure, et il sera notre plus vieux vélo, il date des années 60, plutôt brillant et bling-bling, avec un cadre complètement chromé et des pièces qu’on polit à fond.

D’ailleurs, on a de nombreux parallèles avec Wolhauser ! Ancienne boutique lyonnaise installée Avenue Berthelot, dans le 7ème, rue vers laquelle nous avons longtemps habité. Il était suisse mais installé à Lyon et était originaire du Jura. Valentin est né à Genève, ses grands-parents viennent du Jura aussi. Pour sa petite histoire, il n’a jamais fabriqué de vélo, mais a toujours su s’entourer des meilleurs cadreurs italiens, des meilleurs fabricants de matériel… Les vélos Wolhauser sont reconnaissables par leur montage aux marques variées. Ils sont magnifiques, uniques et font partie intégrante de l’Histoire du vélo à Lyon. On s’est donné un seul défi : toujours avoir au moins un vélo Wolhauser dans notre atelier !

Velograma en chiffres ça donne quoi ?

Depuis la création, c’est une cinquantaine de vélos et environ cinq cents pièces détachées vendus à Hawaï, au Japon, en Allemagne… On voyage des années 70 aux années 2000 ! Pour la petite anecdote, Bastien est un grand collectionneur, il a une quinzaine de vélos dans son garage. La passion du vélo jusqu’au bout !

Si on parle vélo, on parle aussi écologie. De quelle manière l’écologie vous touche ?

Consommer mieux, local et durable, c’est exactement lié à l’industrie du vélo. On touche forcément à l’économie circulaire. D’ailleurs, depuis que nous sommes arrivés chez Bel Air Camp, nous n’avons jamais acheté un seul emballage carton ni rembourrage pour nos colis. Nous récupérons ceux encore en bon état des autres membres de la communauté, tout simplement. 

C’est quoi votre vision de l’entrepreneuriat ?

C’est notre première aventure en tant qu’entrepreneur, nous étions plein d’appréhension ! Exemple très concret, nous avons passé des semaines à réfléchir au choix de notre statut juridique.

L’entrepreneuriat c’est travailler pour soi et être fier de ce qu’on fait. Il ne faut pas chercher à gagner de l’argent tout de suite à la fin du mois, mais il faut réellement vouloir s’épanouir. A l’époque, je pense sincèrement que nous étions tous les trois dans ce virage où l’épanouissement nous manquait cruellement. Le sentiment de liberté est très partagé entre nous trois puisque nous sommes les trois seuls actionnaires de la société.

Parlons passion, qu’est qui vous plaît dans le vélo ?

L’universalité, la simplicité, le fait que ce soit un objet sociétal. Le vélo donne aussi cette possibilité d’introspection. Si tu veux être tout seul, tu peux être tout seul.

Qu’est ce que vous recherchiez en venant chez Bel Air Camp ?

On avait peur de se retrouver seuls face à nos vélos, donc être dans un tiers-lieux nous semblait être une bonne idée pour pouvoir rencontrer d’autres acteurs.

En vivant à Bel Air Camp, on a rencontré des gens assez incroyables, par leurs projets ou leurs parcours. On s’est rendu compte d’opportunités en échangeant avec des interlocuteurs qui nous ont fait réfléchir autrement. Les rencontres et les conseils qu’on a obtenu nous ont beaucoup aidé !

“Bon je vous laisse, j’ai mon vélo à frotter !” Nous annonce Bastien pour conclure !

“Réussir à entreprendre ensemble c’est essentiel”, parole d’un ALLUMEE

“Réussir à entreprendre ensemble c’est essentiel”, parole d’un ALLUMEE

Créateurs de spectacles de drones et générateurs d’émotions. Voilà comment Edouard Ferrari décrit sa société, ALLUMEE

Bonjour Edouard ! Pour toi, ça veut dire quoi entreprendre ?

Dans entreprendre, il y a le mot « entre » et « prendre », c’est la notion de construire quelque chose à plusieurs.  Et justement la notion humaine, c’est ce qu’il y a de plus compliqué dans une boîte. Il faut arriver à faire travailler ensemble des collaborateurs qui ont des sensibilités et des façons de penser différentes. Je me suis pris une vraie claque quand j’ai commencé à encadrer des équipes. Chaque collaborateur doit pouvoir trouver son compte dans l’entreprise, il doit y avoir un sens commun à tout ça, c’est essentiel. 

Parle-nous de la création d’ALLUMEE…

ALLUMEE est née en janvier 2020, après avoir quitté mon poste chez Ventes Privées. Se lancer dans une animation évènementielle à ce moment-là était perçu comme quelque chose de fou ; mais le projet Allumee a tenu bon et vit toujours ! Jérémy est alors arrivé en alternance dans la société. J’avais un réel besoin d’avoir quelqu’un en marketing et de commencer à construire mon équipe. Sa mission principale : placer Allumee dans le top 1 des recherches Google. 

En avril/mai 2021, je commence à signer pas mal de spectacles pour l’été à venir. Seul problème, je n’ai rien ! 10 à 30 drones, pas de logiciels création, je ne pouvais pas acheter grand chose puisque je n’avais encore rien vendu. Mais on trouve des solutions. J’ai alors embauché des freelances pour travailler sur la musique et la création. Les premiers spectacles se sont très bien déroulés. Maintenant avec le recul, je me rends compte qu’ils sont moins aboutis que ceux de cette année. Passé l’été, je réalise à quel point j’ai besoin d’un commercial. Xavier arrive donc début septembre 2021 et, en véritable expert, c’est lui qui drive notre rythme !

Comment s’est déroulé ce premier show ?

Stress de dingue ! [rires] J’en ai encore la chair de poule, rien que d’y penser ! Évidemment, il y a eu des imprévus avec les drones, mais le spectacle s’est lancé sans encombres. Les drones partent dans le ciel, la musique démarre, les yeux s’émerveillent. Le spectacle prend fin, les drones redescendent, la musique s’arrête et là, une explosion d’applaudissements et de spectateurs trop contents. La pression, qui était extrêmement haute, redescend. J’étais vraiment heureux, c’était du bonheur à l’état pur !

Techniquement, vous faites quoi ?

Tout d’abord, nous concevons l’histoire du spectacle sur un storyboard. Il est ensuite modélisé sur Blender, un modeleur 3D gratuit. En complément, nous avons développé un nouveau module pour étendre ce logiciel au spectacle de drones.

J’ai choisi le Drotek, un drone conçu et fabriqué en France. Nous voulons d’ailleurs promouvoir le “Made in France”. Nos drones, nos tapis, nos flyers sont français, et même nos bureaux puisque nous sommes chez Bel Air Camp, à Bel Air Industrie, en plein cœur de Villeurbanne. Seul le logiciel de création de spectacles est américain.

Où as-tu trouvé ton inspiration pour créer ALLUMEE ?

Depuis tout petit, je suis un grand passionné d’aéronautique. Dès qu’il y a un avion dans le ciel, je suis obligé de lever la tête pour regarder ! D’ailleurs, j’ai commencé à passer mon brevet de pilote pour me rapprocher un peu plus de cette passion. Par manque de temps, j’ai dû arrêter. Mais je ne désespère pas de pouvoir recommencer dans les années qui arrivent.

J’adore également la création, mais ayant toujours été très pragmatique, je n’ai jamais osé créer quoi que ce soit. Le fait de concevoir des spectacles de drones, je me rends compte que je prends vraiment du plaisir à le faire. Quand tu as une idée, que tu la vois s’élancer dans le ciel et que t’entends les spectateurs te dire “c’est vraiment génial” avec des étoiles pleins les yeux, t’as tout gagné… C’est incroyable la sensation que ça fait, ça te conforte dans l’idée de continuer.

Quelle est l’histoire de l’identité d’Allumée ?

Au début, j’aimais beaucoup les sonorités “lumos”, “lumière”, “alumni” et de là en a découlé Allumee. Féminiser ce mot donnait à notre nom et à notre activité une certaine sensibilité et deux “L”, deux “E”, ça fait tout de suite plus harmonieux. J’avais aussi le souhait que ce soit facilement prononçable et compréhensible en anglais. Il n’y a donc pas d’accent et les syllabes sont assez naturelles pour un anglophone.

Concernant le logo qui représente un petit renard, il y a effectivement une histoire. J’étais en pleine recherche de sens et de création de mon identité. J’ai alors fait le lien avec Saint-Exupéry l’écrivain qui mettait en scène dans Le Petit Prince, un renard. Il cherchait à se faire apprivoiser et non l’inverse. Ça m’a fait penser aux drones. Ils sont là, ils existent et ils n’attendent qu’une chose c’est qu’on les utilise pour réaliser de beaux projets. Par ailleurs, j’adore l’animal, sa tête, sa forme. Et pour finir, Lyon : l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, Lyon ville des Lumières… La boucle était bouclée.

Et plus concrètement, on a décidé de lui donner une certaine symétrie pour avoir ce côté onirique et rêveur, les formes sont relativement arrondies pour harmoniser ce visage un peu joufflu. Et le cadre autour signifie qu’on a quand même un cadre à respecter dans notre activité, on a une réglementation stricte. Dernière lecture possible sur le logo, on peut aussi s’imaginer un cœur, ce qui représenterait tout l’amour qu’on met dans nos spectacles [rires].

Comment en es-tu arrivé à créer ta société ?

Issu d’Epitech qui m’a appris à développer du code, et après plusieurs expériences professionnelles, j’ai travaillé chez Ventes Privées. En parallèle, j’ai fait un executive MBA (Management Business Administration), à l’EM Lyon, sur deux ans. Un cursus qui te permet concrètement de savoir comment constituer une entreprise. Et sur les six derniers mois, j’ai choisi la spécialisation “entrepreneurship”. C’était très enrichissant !

Mais le véritable déclencheur qui m’a poussé à me lancer, c’est cette vidéo d’Intel d’il y a quatre ans, présentant un spectacle de drones. Je trouvais ça dingue, les spectateurs, les drones qui étaient tous synchronisés, ils arrivaient à en faire voler 1500… Moi je n’en ai que 200 aujourd’hui ! Il faut savoir qu’il y a dix ans les drones n’étaient pas commercialisés, on ne pouvait pas du tout en acheter ; et là, huit ans après, c’est fou ce qu’ils ont réussi à faire. 

Qu’est ce que tu es venu chercher chez Bel Air Camp ?

On cherchait un atelier pour pouvoir stocker le matériel et les drones. Pour la petite anecdote, le stockage se faisait habituellement dans mon salon, ce qui devenait impossible à vivre ! On est donc arrivé en septembre 2021, car Bel Air Camp répondait parfaitement à notre besoin.

Ce que je recherchais aussi, c’était le lien, l’humain, la communauté. Il n’y a rien de pire que de monter une boîte seul. La solitude de l’entrepreneur est un vrai risque et une véritable crainte pour moi. Si tu ne peux pas échanger avec des personnes différentes de toi et de ton univers, si tu ne peux pas voir que d’autres problématiques existent, si tu ne peux pas demander des conseils, alors tu ne peux pas libérer ton stress de tous les jours.

Qu’est ce qui te motive ?

On fait un spectacle pour les enfants. Tout ce que je fais c’est pour eux, et pour les enfants qui vivent encore en chacun de nous.

Un mot pour finir ?

Ne pas hésiter à se lancer. Tu vas te planter, c’est sûr, mais ce n’est pas grave. C’est en ratant qu’on apprend.

“Cultiver notre créativité à travers la diversité de nos clients”, change ta vision avec YLCM

“Cultiver notre créativité à travers la diversité de nos clients”, change ta vision avec YLCM

Petit entretien immersif dans le parcours d’une entrepreneuse dans l’âme : Leslie Emin, fondatrice de Your Little Community Manager et AURA Evolution.

Salut Leslie ! Commençons par parler un peu de toi et de ton parcours, tu veux bien ?

Après un BTS Tourisme pour devenir hôtesse de l’air et une licence qui devait m’orienter vers l’événementiel sportif, j’ai finalement travaillé pendant deux ans chez Europcar en tant que chargée de clientèle. 

A 24 ans, j’ai repris mes études avec un Master Marketing Communication. En première année, j’ai travaillé en tant que chargée de communication dans une agence 360, où j’ai été formée au métier de Community Manager. En deuxième année, j’ai renouvelé dans cette même agence, mais elle a malheureusement déposé le bilan. Au 1er février 2016, je lançais alors YLCM en parallèle de mes cours. Je rajoutais un service civique en communication à la Ligue Rhône-Alpes du Sport Adapté pour, à terme, me lancer à plein temps sur YLCM en octobre 2016.

Quelle est l’origine de son nom ?

Au commencement, c’était “My Little Community Manager”, car à l’époque la société My Little Box cartonnait et il y avait eu de nombreux dérivés. L’avantage était aussi d’avoir le nom de sa profession dans son nom d’entreprise, ça aide beaucoup au référencement naturel. J’ai néanmoins dû changer mon nom et je l’ai remplacé par “Your Little”, qui était tout aussi compréhensible.

Parle-nous de tes clients ?

Ma toute première cliente, avec qui je travaille depuis cinq ans et demi, était une professeure de mon école ! Elle voulait avoir une petite notoriété sur Twitter et avait fait appel à moi pour l’aider.

J’ai également quelques références clients comme Vivendi, Toshiba,ou encore les fameuses boutiques Serge Blanco. Mais on fait aussi des évènements en tout genre, notamment un que l’on affectionne particulièrement : Courir Pour Elles.

Nos clients cherchent surtout à avoir des CM proches de chez eux, car ils ont la volonté de pouvoir les rencontrer (Lyon, Bourgoin, Oyonnax, Rive de Gier…). Mais évidemment on s’adapte, en France ou à l’étranger !

Peux-tu nous décrire ton activité de façon un peu plus détaillée ?

Ce que l’on fait ? Génération de contenu, création de messages visuels ou non, reporting, modération, planification et programmation de publications. On fait également beaucoup de stratégie de communication, c’est-à-dire déterminer les cibles, objectifs et messages à adresser. Autrement dit, on fait du benchmark, de la veille, des contenus web et beaucoup de rédaction d’articles sur les sites internets. Anecdote rigolote : j’ai créé le contenu du site internet du service de gastro-entérologie du Val d’Ouest. Je suis devenue incollable sur le sujet ! Le conseil et l’accompagnement font aussi partie de nos offres annexes. Par exemple, on peut accompagner un CM déjà présent dans une société afin de le conseiller sur la partie planning.

J’aime que mes clients soient variés. Cette diversité nous permet de continuer à cultiver notre créativité.

De qui se compose ton équipe ?

Au début, je me suis lancée seule avec le statut d’auto-entrepreneur. Mon bureau était aménagé dans mon placard, jusqu’à ce que je recrute ma première stagiaire, en septembre 2018, m’obligeant à passer au statut SARL.

Ma première employée en CDI est Juliette, arrivée en septembre 2021, avec une alternante qui s’appelle Constance. Une belle équipe de trois pour l’instant, mais avec loin de moi l’idée de devenir une grosse agence.

Le déclic de passer de “toute seule” à “avoir une équipe” se fait quand tu commences à faire des bêtises auprès de tes clients parce que t’as trop de travail et que tu n’arrives pas à tout gérer. Et l’autre déclic c’est quand tu ne fais pas toi-même ta propre communication alors que c’est le métier que tu vends. Quand la phrase “les cordonniers les plus mal chaussés” commence à résonner en toi, c’est que tu commences à te dire que tu pourrais finalement avoir besoin de déléguer tout ça à quelqu’un.

Raconte-nous comment est né ton deuxième projet : Aura Evolution ?

Aura Evolution est une société, basée à Oyonnax, créée par mon père et moi-même en 2019. On vend des vêtements techniques de sport avec des caractéristiques un peu “inédites”, car antibactériennes donc anti-odeurs. C’est un vêtement hydrophobe, autrement dit qui ne capte pas l’eau. Le vêtement ne va pas se mouiller pendant que l’on fait son sport ou lorsqu’on transpire naturellement durant la journée. Le tissu est léger, thermorégulant et très confortable. A la base c’est mon père qui, à travers des rencontres industrielles, décide de créer une gamme de vêtements techniques pour le rugby. Étant président de club de rugby, il voit au quotidien les besoins que les sportifs de hauts niveaux peuvent avoir. J’ai commencé l’aventure avec lui pour l’aider dans la communication… et puis j’ai vite compris que c’était un prétexte pour lancer une nouvelle aventure père/fille !

Et de là est né Aura Evolution. “Aura” pour la région et « Évolution » pour l’aspect sportif, technique. Et aujourd’hui, nous comptons également Maëlle qui a rejoint l’équipe en tant que commerciale.

Où est faite la production ?

On confectionne quasiment 100% de la production en région AURA (Auvergne Rhône-Alpes), on tâche de faire un maximum en local, mais si ce n’est pas possible, alors on fait ailleurs mais toujours en France pour favoriser le Made in France.

Pourquoi avoir choisi Bel Air Camp ?

Je suis arrivée chez Bel Air Camp quand j’ai eu ma toute première stagiaire, en 2018. J’ai rapidement adhéré à l’environnement et à l’écosystème. J’ai découvert cet endroit grâce à Victoria de la société Inéria Communication qui faisait déjà partie de la communauté.

Pour toi, c’est quoi ta vision d’un entrepreneur ?

A Bel Air Camp, être entouré d’autres entrepreneurs, ça aide ! Ça te réconforte sur des questions que tu te poses et ça peut te permettre de faire de belles synergies professionnelles par la suite.

Si j’avais une chose à dire à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’entrepreneuriat, ce serait : ne pas avoir peur de l’échec. Chaque jour, tu dois essayer de trouver des solutions à tous tes problèmes.

Mon leitmotiv : la liberté. Ce qui me plaît, c’est de pouvoir gérer ce que je souhaite, comme je le souhaite… c’est une vraie chance !

iCosmos, équilibre entre QVT et gain d’argent pour ses clients !

iCosmos, équilibre entre QVT et gain d’argent pour ses clients !

Anthony Navarro, directeur général d’iCosmos International, raconte cette société aux valeurs essentielles pour parfaire leur destinée.

Bonjour Anthony, raconte-nous un peu ton parcours ?

C’est vraiment la succession d’opportunités qui a fait que je me suis retrouvé là où j’en suis aujourd’hui. Comme beaucoup d’enfants, je rêvais d’être astronaute, pilote de ligne ou de chasse. J’ai alors eu l’incroyable opportunité de travailler chez Airbus pendant cinq ans en tant qu’ingénieur estimateur où je faisais de l’ingénierie des coûts dans le secteur spatial. Et à côté, j’ai toujours aimé “bidouiller” des logiciels, c’est ma petite facette geek mais nécessaire pour mon métier actuel. J’ai ensuite eu l’opportunité de travailler chez un éditeur de logiciels d’estimation, j’en vendais un peu partout dans le monde à des clients très différents. On peut dire que j’ai réellement baigné dedans ! 

Puis, avec un de mes collègues, Yves, on a décidé de monter notre propre société pour vendre ce type de logiciels.

En quelques mots, décris-moi votre activité ?

On est expert en estimation de coûts ! On propose des logiciels à nos clients qui permettent de supporter leurs estimations, leurs processus d’estimation dans l’industrie. Nos clients se retrouvent dans différentes industries comme la machinerie, l’automobile, l’aéronautique ou encore l’aérospatial. Leancost est notamment notre logiciel prédominant, il permet de chiffrer, à partir de modèles 3D, des pièces mécaniques pour des industriels.

De qui est composée ton équipe ? 

On a commencé, Yves et moi, avec deux associés en Italie.
Puis, pour démarrer le marché en France, on a recruté Sabrina, une perle. Elle est notre assistante administrative et s’occupe également de la prospection.
Ensuite, est arrivé Richard en tant que directeur commercial. Déjà un as du commerce, il n’y avait plus qu’à le former sur les aspects mécaniques et logiciels. 
Pour finir, Jason, c’est la casquette d’expertise dans la production. Une pépite. Il a géré pendant dix ans une boîte de mécanique où il dirigeait une vingtaine de personnes. Il connaît sur le bout des doigts toutes les technologies et techniques de fabrication. C’était une évidence d’avoir un expert comme lui pour parler le même langage que nos clients. Au démarrage de projets, il faut savoir s’entourer des bonnes personnes, et je suis convaincu d’avoir réuni la bonne équipe.

Peux-tu m’en dire plus sur le cœur de votre métier ?

iCosmos International est né en octobre 2020. Cependant, une holding existait déjà aux USA, elle était simplement en sommeil.
Nous visons à devenir le leader mondial de l’estimation des coûts en ayant tout d’abord pour mission d’internationaliser certains logiciels, actuellement vendus dans certaines régions d’Europe. Notre modèle c’est du One Stop Shopping (= un seul arrêt pour acheter), c’est-à-dire que peu importe l’industriel et peu importe sa problématique, il trouvera la solution à son problème. Parfois une, parfois plusieurs, et parfois même il repartira avec la solution globale.
Nos offres s’adaptent à tous types d’entreprises. De la problématique très simple de chiffrage quotidien d’une PME, en passant par une entreprise moyenne qui a besoin d’estimer les coûts de sous-traitance dans le but d’acheter à un prix honnête, jusqu’aux problématiques d’estimation les plus compliquées en supportant le processus de chiffrage des systèmes complexes dans certains grands groupes industriels. Installation, formation, accompagnement et consultation, voici tout ce à quoi nous pouvons répondre.

Nous disposons de quatre logiciels :
– EPICK, en partenariat avec Creasys, est une Base de Données collaborative
– QDV, en partenariat avec IAES, permet l’estimation analytique
– Leancost, issu d’une université de recherche, fait du chiffrage à partir de modèles 3D
– Et le quatrième est actuellement en cours de discussion !
C’est simple, on vend des logiciels pour faire gagner de l’argent aux industriels. Les logiciels sont sur le marché depuis plus de 10 ans, ils ont donc passé l’épreuve du terrain.

Comment procédez-vous pour vendre votre logiciel ?

On commence par une prise de rendez-vous pour présenter iCosmos par conférence web puis on lance une démonstration du logiciel pendant une demi-heure. A la suite de cette entrevue, on leur propose de faire une analyse sur une ou quelques pièces mécaniques qu’ils connaissent et qu’ils produisent pour qu’ils soient rassurés sur les résultats que fournit notre logiciel. Les retours positifs arrivent à ce moment précis car ils sont agréablement surpris par ce qu’on leur présente et la précision des résultats.

Quels sont vos moments forts et durs des débuts d’iCosmos ?

Le lancement de notre site web le 5 octobre dernier a été un moment fort, on a énormément travaillé sur ce projet.
La période du Covid a évidemment été un moment dur, on devait arriver chez Bel Air Camp en octobre 2020 mais l’actualité a retardé notre emménagement.

Quelles sont vos valeurs d’entreprise ?

Nous avons cinq valeurs bien définies :

  1. Écoute client – les clients ont la vérité : Quand on développe de nouvelles choses, il faut écouter son client pour aller encore plus loin dans les projets. 
  2. Réflexion et action : Réfléchir avant d’agir pour ne pas se planter
  3. Innover – Être créatif dans tout ce qu’on entreprend : Sur toutes les technologies qu’on propose, on a des logiciels innovants
  4. Esprit/Qualité : Tout ce qu’on livre au client doit être qualitatif
  5. Honnêteté et transparence avec tout le monde (équipe et client) : Toujours être honnête avec son équipe, ses clients et ses partenaires. Rester droit dans ses baskets !

Pour toi, c’est quoi un entrepreneur ? Et quel type d’entrepreneur es-tu ?

Un entrepreneur est un quelqu’un ou un groupe de personnes qui ont une vision commune et qui essaye de fédérer une équipe autour d’un projet. L’objectif de ce groupe est que tout le monde soit gagnant, l’équipe et les clients. L’équipe doit être au cœur du projet.
Je pense être le genre d’entrepreneur prêt à foncer sur certains projets, mais uniquement avec l’assurance que mes décisions sont réfléchies.

Pourquoi avoir choisi Bel Air Camp ?

On est chez Bel Air depuis janvier 2021. Notre premier critère était que les équipes se sentent bien là où ils travaillent, que les locaux soient agréables (espaces communs, salles de réunion, salle de sieste…) et qu’il y ait une communauté. Le deuxième était la localisation, que le lieu soit facile d’accès en transport pour l’équipe et les visites clients. Et le dernier critère était la flexibilité car on ne sait pas de quoi l’avenir est fait. Bel Air réunissait parfaitement ces trois critères !

Dernière question et pas des moindres, quelle est la signification d’iCosmos ?

Bonne question ! Pour moi, le “i” est pour le côté smart. “Cos” pour “Cost” en anglais donc les coûts. Et “MO.S” pour Monitoring Solution (= Solution de gestion des coûts innovants). Mais on peut aussi voir le mot “Cosmos” pour la vision futuriste et innovante !